Warwick l’épouvante

Je suis père d’une jeune fille.

Comme vous, j’ai découvert Warwick au petit matin, comme un coup de poing au ventre, qui laisse sans souffle et éteint la voix.

L’homme a emporté ses enfants, loin, bien loin d’elle. Tel une ultime vengeance, un ultime acte de guerre. Pour avoir le dernier mot. Afin de gagner. Pour l’éternité.

Utiliser la chair de sa chair comme bombe pour exploser sa vie, à elle.

En caressant ma petite ce matin, je retiens un sanglot. À la radio, un psy discourt de stratégies pour dissuader ces pères d’assassiner leurs petits. Moment surréaliste.

Je t’ai longtemps ignorée, ne te lisant jamais vraiment mais ce matin, c’est vers toi que je me tourne. Je comprends pourquoi tu existes.

Un jour de grande détresse à son comble
je franchirai les tonnerres des désespoirs
je déposerai ma tête exsangue sur un meuble
ma tête grenade et déflagration
sans plus de vue je continuerai, j’irai
vers ma mort peuplée de rumeurs et d’éboulis
je retrouverai ma nue propriété*

En mémoire de Karen et Lindsey.
Ma sympathie à leur mère et ses proches.

* Extrait du poème « L’homme agonique » de Gaston Miron.

À propos de hugoparizot

Ex blogueur épris de justice, préfère le scotch aux bulletins de nouvelles, possède 4 paires d'écouteurs et 2 poissons rouges. Aime la simplicité mais déteste les raccourcis. Voir tous les articles par hugoparizot

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