La fête du 1er juillet

 

Comme ça, c’est la fête des Canadians? Bof, ça me laisse… indifférent. Pour la plupart d’entre nous le 1er juillet, c’est la fête du déménagement.

Parlant de Canadians, parait que la moitié d’entres eux seraient indifférents à ce que le Québec devienne souverain. Good!

On l’aime bien, notre indifférence sauf qu’on s’y conforte mutuellement depuis trop longtemps.

Remarquez qu’à une époque pas si lointaine – prenez les années 50 – c’était bien pire. Notre langue était dans un piteux état. Nous étions aliénés sans même le soupçonner. C’était l’ère du Speak White lancé au visage du client francophone par la vendeuse unilingue anglophone de chez Eaton. C’était aussi une époque où la signalisation publique affichait des phrases telles que: « Glissant si humide » (Slippery when wet), « Sauvez de l’argent » (Save money), « Automobiles avec monnaie exacte seulement » (Automobiles with exact change only). Nous étions profondément colonisés.

Alors soyons fiers du chemin parcouru mais de grâce, trouvons de nouveaux leaders souverainistes et ça presse!

Oubliez Pauline. Elle l’a pas, point. Amir Khadir? Trop à gauche pour prendre le pouvoir sur un continent où le néolibéralisme est élevé en dogme absolu (à mon grand désarroi). Par contre, le printemps québécois ravive l’espoir chez moi que la nouvelle génération rallume un jour le feu de l’indépendance. Il faudra alors jeter la cassette usée du discours souverainiste actuel pour retourner aux sources du rêve, des aspirations : l’identité, la liberté, l’indépendance. Être maître chez soi. Pour de vrai. Pour de bon. Le discours à tenir se situe là.

Pour obtenir un pays, il faut d’abord le rêver.

Je termine en citant Gaston Miron dont le discours est d’une troublante actualité, dans une entrevue qu’il accordait en 1987*.

« Aliénation ? Par les temps qui courent, à l’heure du confort et de l’indifférence où le vacuum de la pensée est comblée par les médias, à l’heure où notre langue est l’objet et le soin d’un assaut implacable […] ce mot, aliénation, est devenu tabou pour la majeure partie de nos avant-gardes littéraires et de notre intelligentsia. […] Oui, mot dépassé, quasi obsolète. Situation qui n’existe plus. Nous sommes rendus plus loin, dit-on. Eh bien, si tout le monde le croit, bien lui en fasse. Quant à moi, qu’ils aillent tous au diable. J’aime mieux radoter et être dans la réalité que prétendument ne pas radoter et n’être pas dans la réalité. Je reste avec les laissés-pour-compte, c’est ma solidarité à moi. Effectivement, la langue d’ici n’est pas prise en charge par ceux qui sont censés la défendre et l’illustrer. La vraie richesse d’un peuple ce sont ses solidarités, on n’a qu’à regarder les peuples qui s’en sortent honorablement. Où sont les nôtres, actuellement? »

Sur ce, bon déménagement!

* Possibles, vol. II, n° 3, printemps-été 1987.

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