Sur le mépris de Charest et la démocratie de Desmarais

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Et puis? La nouvelle sur la somptueuse réception offerte par Paul Desmarais, réception qui aurait coûté de 12 à 14 millions de dollars et qui comptait des invités prestigieux tels que George H. Bush, Brian Mulroney, Jean Chrétien, et oui, votre humble serviteur Jean Charest, cette nouvelle donc a-t-elle retenue votre attention? Elle aurait dû et pour plusieurs raisons. D’abord, elle expose au grand jour le jupon Power Corp qui manifestement dépasse sous la jupe de votre premier ministre. Ce n’est pas anodin quand on sait que cette entreprise détient plusieurs quotidiens au Québec dont l’influent La Presse (et son pendant numérique Cyberpresse). Et elle soulève des questions, justement, sur le fonctionnement de ces mêmes médias.

Si vous ne le saviez pas déjà, l’homme politique moderne aime recevoir des invitations provenant de gens comme les Desmarais de Sagard car il sait qu’il sera reçu avec la classe que commande son poste. L’important homme politique affectionne l’odeur du cuir de la limousine qui le conduit, le pli du smoking qu’il porte pour l’occasion, les bons cocktails et les mains multimillionnaires que ces réceptions lui permettent de serrer. Des millions, ça peut toujours servir, surtout en élection. Il se réjouit à l’idée de tremper une cuillère d’argent dans le potage de son repas gastronomique 8 services tout en faisant la conversation à George H. Bush. L’Orchestre métropolitain à l’oreille, il apprécie la chance qu’il a de poser son regard sur la chorégraphie que Luc Plamondon a créée spécialement pour l’occasion, flûte de champagne à la main, ébloui qu’il est par la beauté et la grâce d’un chapiteau digne de Louis XIV. Cela flatte son égo – car il est l’une des stars de la soirée – et confirme qu’il a résolument atteint le sommet. Il en profite d’ailleurs pour savourer, si ce n’est la vue du haut du monde, du moins celle du haut du Canada et du Québec. Finalement, il sourit en pensant que sa place est ici, au milieu des grands, entouré de la crème VIP du pays, dans la ouate. Michou, tu ferais une petite photo de moi avec l’ex Président? Clic! Un beau trophée à ajouter à une collection sûrement déjà remarquable. Quelle soirée magique! Au cours de ces deux jours que dure la fête, incontestablement, il aime Paul Desmarais. Comme disait Richard Martineau, sauf que c’est approprié cette fois : c’est la belle vie!

Notez qu’en ce moment même à la Commission Charbonneau, l’étau se resserre sur petit poisson Tony Accurso et son ridicule petit bateau. C’est monarque Charest qui doit se retenir de se rouler de rire!

Ces événements mondains commandités par Power Corp – remarquez, c’est elle qu’on nomme mais on peut facilement l’imaginer n’être qu’une parmi un club plus vaste – sont le genre de petites pauses appréciées par un premier ministre car il doit aussi frayer avec d’autres personnages et événements bien moins agréables. Prenez la grève étudiante, misère qu’elle est chiante cette grève! Pauvre Jean! Doit-il les détester, ces petits baveux de 20 ans, ces morveux qui contestent son autorité, sa légitimité, le défiant lui, le brillant stratège, le fin politicien qui roule sa bosse depuis près de 30 ans? Bien sûr, l’affront ne va pas jusqu’à l’obliger à s’impliquer lui-même dans les négociations. Quand même, les ministres-marionnettes sont là pour ça!

Conséquemment, concevez-vous mieux que Charest ait pu assisté à moins d’une heure de discussions en plus de 3 mois? Quand on connait les divers avantages, cadeaux, courbettes, ascenseurs et retour d’ascenseurs et retour retour d’ascenseurs que l’important monsieur reçoit régulièrement des hommes et femmes les plus riches de la province, du pays, doit-on s’étonner du mépris patent qu’il démontre envers la jeunesse?

La deuxième question maintenant : pourquoi est-ce Anonymous, un groupe international de pirates informatiques, qui informe les citoyens et électeurs québécois sur l’existence de cette petite fête? Comment se fait-il que c’est Anonymous qui nous renseigne sur l’état de notre démocratie et sur ce que nos leaders font de leurs fins de semaine?

Je ne connais pas la réponse entière mais j’en sais instinctivement une partie puisqu’on devine bien que ce n’est certainement pas La Presse qui va affecter des ressources pour investiguer cette histoire! Vous comprendrez que chez Gesca (et tout autre empire médiatique) il existe des zones bien délimitées, connues par tous ses journalistes. Il y a les zones où on doit aller, celles où on peut aller et enfin celles où on ne doit jamais, jamais aller, du moins quand on planifie conserver son emploi. Première règle, si ça concerne le patron, on peut traiter la nouvelle seulement si le résultat sera minimalement flatteur. Deuxième règle, toujours si ça touche le patron mais que cette fois le papier risque de ne pas chanter ses louanges, on détourne le regard et on passe rapidement à un autre appel en sélectionnant une autre histoire “d’intérêt public”. N’importe laquelle, c’est sans réelle importance; de toute façon le public est déjà bien nourri aux faits divers tels que l’histoire du démembreur. La propriété détermine les contenus, tous les magnats des médias savent cela et c’est là que repose l’intérêt de détenir ces agences de presse.

Chef, on fait quoi pour les amis du patron? Le chef : tu suis la deuxième règle. Et Jean Charest, est-ce que c’est un ami du patron?

La réponse, d’après vous?

 

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